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Au siège de l’ONU : un monde à part.

Au siège de l'ONU : un monde à part.

Dans l’ombre des puissants, des centaines de personnes, chargées de la sécurité et de la traduction, contribuent à la réalisation des missions de l’ONU.

Vous avez beau être à New York, vous n’êtes plus aux États-Unis…Ici, au siège des Nations unies, à l’est de Manhattan, vous entrez en territoire international.

L’architecture de cet espace de sept hectares, offert en 1946 par le milliardaire John Davison Rockefeller Junior, a été conçue par les plus grands noms de l’époque, dont le Français LE CORBUSIER. Parsemé d’oeuvres d’art pacifistes, le site matérialise le rêve un peu fou de mettre fin aux conflits au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.

Ouvert au public, l’organisme accueille tout au long de l’année des visiteurs venus découvrir ses lieux emblématiques : Le pavillon de l’assemblée générale, bien sûr, mais aussi le bâtiment des conférences, qui abrite le Conseil économique et social, le Conseil de tutelle et le Conseil de sécurité, la tour de verre du Secrétariat, ainsi que la bibliothèque.

Plus de soixante-dix ans après sa naissance, L’ONU reste une grosse machine méconnue du grand public.

«Je suis souvent surprise par les questions que posent les visiteurs, confie en souriant la guide, de nationalité marocaine. L’autre jour, un touriste européen me demandait si les ambassadeurs de l’ONU étaient nommés par le secrétaire général de l’organisation. Évidemment que non ! Chaque état choisit son propre représentant».

Mais avant de pouvoir visiter les lieux, il faut montrer patte blanche. Les contrôles à l’entrée sont drastiques et l’enceinte est ultra-sécurisée. «L’ONU constitue évidemment une cible pour les terroristes. Nous savons que nous serons attaqués un jour», affirme l’inspecteur Matthew Sullivan, grand gaillard au physique imposant, chargé de la sécurité. Cet ancien du corps des marines, ex-policier dans le New Jersey, a rejoint les Nations Unies il y a trente cinq ans comme officier. Il coordonne aujourd’hui une équipe de 330 personnes de 42 nationalités différentes. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la sécurité a été considérablement renforcée. Pour préparer le personnel à faire front en cas d’incendie ou d’attentat, des exercices se simulation sont régulièrement organisés, comme, par exemple, une évacuation générale par bateau sur l’East River.

Au siège de l'ONU : un monde à part.

L’effort de sécurité atteint son paroxysme à la mi septembre, lors du traditionnel débat général, environ sept jours pendant lesquels de nombreux chefs d’état se rendent à New-York pour s’exprimer à la tribune et rencontrer leurs homologues.

«C’est notre Super Bowl à nous», indique avec humour Matthew Sullivan.

En 2015, l’évènement a pris une ampleur inconnu jusque là. Les 70 ans de l’organisation ont en effet rassemblé par moins de 160 dirigeants, dont Xi Jinping, Vladimir Poutine, Raul Castro et, surtout le pape François, «sur qui pesait la menace la plus importante que nous ayons eu à gérer», glisse Matthew Sullivan. D’autant qu’il fallait aussi assurer la sécurité des célébrités présentes, comme la chanteuse Shakira ou l’acteur George Clooney, et des 2 000 journalistes venus du monde entier pour couvrir l’événement.

Pendant le débat général, les forces de l’ordre bouclent systématiquement le quartier, où sont dressées de grandes tentes blanches destinées à accueillir les chefs d’États. Les 1600 écrans de surveillance du siège sont scrutés avec une attention décuplée, et des antennes extérieures mesurent la qualité de l’air afin de repérer d’éventuels gaz suspects.

Les troupes de Matthew Sullivan collaborent alors de près avec le NYPD : la police New-yorkaise leur fournit des hommes, des chiens policiers -capables de renifler les explosifs-, un équipe de démineurs et même quelques snipers postés dans un bateau sur l’East River, face au siège. L’équipe de sécurité onusienne bénéficie en outre du soutien de la police fédérale, du FBI et de la CIA.

La veille de l’évènement, les trois hectares de bâtiments sont passés au peigne fin, à la recherche de mouchards et de caméras espions. Et les salariés de l’ONU ont l’obligation d’évacuer le parking pendant le Week-end. Les rares voitures qui y stationnent encore font l’objet d’une fouille approfondie.

Au deuxième étage du bâtiment principal, où se tiennent les rencontres entre les différents chefs d’État, de grands rideaux obturent les fenêtres, empêchant les curieux et les individus mal intentionnés d’observer ce qui se passe. Et une fois le débat terminé, Matthew Sullivan reste sur le qui-vive : la surveillance est permanente au siège.

L’Egyptien Hossam Fahr, lui, est responsable du service interprétariat. Plus de 120 virtuoses des langues travaillent pour ce sexagénaire à l’oeil vif et l’air affable. Sélectionnés à l’issue d’un examen drastique, ils consacrent leur temps à traduire l’Histoire en direct. Chaque intervention de chef d’État est traduite en six langues : anglais, français, espagnol, russe, chinois et arabe. Là encore le pic d’activité a lieu au moment du débat général.

Pour mener sa mission à bien, Hossam Fahr fait souvent appel à des collaborateurs travaillant pour les autres sites onusiens, à Vienne, Genève et Nairobi. Ces hommes et ces femmes de l’ombre n’ont pas droit à l’erreur. Une traduction imprécise peut avoir des conséquences désastreuses d’un point de vue diplomatique. «Lors d’une conférence sur la décolonisation, au début de ma carrière, je devais traduire de l’arabe vers l’anglais la phrase suivante : «L’indépendance des petits pays est un objectif majeur de l’ONU», se rappelle Hossam Fahr. J’ai utilisé le mot exploitation au lieu d’indépendance…Les deux termes sont très proches en arabe. Je me suis immédiatement rendu compte de ma bévue et je l’ai corrigée. Mais j’ai dû «courir» ensuite pour rattraper mon retard.»

Hossam, se remémore avec fierté la première déclaration à l’Assemblée générale de Nelson Mandela, tout juste élu président de l’Afrique du Sud : «Il a tenu un discours extraordinaire, plein de tolérance. L’Assemblée entendait son message à travers ma voix.»

Suivie d’un essaim de touristes, la guide marocaine achève sa conférence. Devant une sculpture représentant un revolver au canon noué, elle cite un ancien secrétaire général des Nations Unies, Dag Hammarskjöld : «L’ONU n’a pas été crée pour conduire l’humanité au paradis mais pour la sauver de l’enfer».

Technocratique et dépensière, l’organisation a sans doute beaucoup de défauts. Elle n’a pas mis fin aux guerres, loin de là. Mais c’est un lieu où les dirigeants de tous les pays peuvent se rencontrer et se parler. Un tout petit miracle, l’air de rien.

Un million de curieux se pressent chaque année pour découvrir les lieux.

Si vous avez envie de pousser les portes de l’ONU pour une visite inédite, les billets et  renseignements se trouvent   ICI.

Sachez qu’au cours de la visite, le ou la guide n’hésite pas  à  demander si quelqu’un a des questions à poser.  La visite se termine  par l’inévitable boutique.

Situés au sous sol du bâtiment, vous trouverez donc une boutique de souvenirs, un restaurant, une librairie et un bureau de  «Poste» un peu particulier.  Vous pouvez donc acheter vos timbres et poster vos cartes qui partiront directement de l’ONU !

Publié dans Découverte, Non classé, VOYAGE

Les LANDES. Des charmes cachés !

Combien de fois ai-je entendu cette phrase :

Il n’y a rien à voir dans les Landes.

Je vais essayer de vous en faire découvrir ses charmes, hors des sentiers battus.

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Ne vous attendez pas à ce que surgisse un berger juché sur ses échasses, surveillant son troupeau de moutons. Ils sont couchés dans les livres d’images. Certains ont disparu au fond des marécages depuis que, selon la volonté de Napoléon III, on a planté une forêt de pins qui les ont asséchés.

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Les conifères se pressent par milliers le long de routes rectilignes, sur des distances telles qu’une poignante monotonie nous étreint ; d’où le sentiment qu’à part ces géants habillés de vert, hiver comme été, les Landes n’offrent que peu d’intérêt. L’âme des bergers subsiste pourtant, il suffit d’écouter le vent, porteur de mémoire. Depuis quelques années, un pâtre nostalgique de cette époque révolue a endossé la houppelande ; il parcourt le pays sur ses tchanques et il a ressuscité la transhumance.

Tournons cette page de poésie pour nous arrêter à Solférino. Ici plane le fantôme de Napoléon III. Sur l’impulsion de l’empereur, des essais de culture ont été faits, notamment de coton. Le long d’une route s’alignent des cottages autrefois occupés par les ouvriers. Un musée désormais fermé gardait le vélo et l’appareil photo de Félix Arnaudin avec lesquels ce collecteur de souvenirs sillonnait la région. Aujourd’hui, ces deux témoins de l’histoire régionale sont visibles au musée d’Aquitaine, à Bordeaux. Solférino demeure, émouvant village oublié au coeur de la lande, comme un reflet d’autrefois.

Du pétrole et des vaches

Naguère aussi oublié que Solférino, Parentis-en-Born s’est soudain réveillé pour devenir un Dallas en miniature. En 1953, le pétrole a jailli.

Résultat de recherche d'images pour "Les landes Parentis-en Born"

De la forêt et des eaux du lac ont émergé des puits. Le village a grandi, est sorti de l’anonymat. Aujourd’hui l’or noir coule toujours. Des structures d’accueil se sont développées et attirent bien des visiteurs. Lorsque j’ai appris que des courses de vaches avaient lieu dans des arènes, j’en suis restée abasourdie : «Ils sont fous ces Landais !» Je précise  que je réprouve fortement les corridas. On Visite l’église et on remarque une porte basse murée flanquée d’un petit bénitier. Durant plusieurs siècles, une communauté fut mise au ban de la société. Ces gens, on les appelait les 〈cagots〉 soi-disant descendants des lépreux, ce qui expliquerait cette discrimination. Ils n’avaient pas le droit d’entrer dans les églises que par ces portes basses, en courbant l’échine dans une attitude d’insupportable soumission !

On mange des gâteaux aux pignons dont ce village du pays de Born s’est fait une spécialité. La myrtille y est reine, comme l’asperge qui se plaît dans ce sol pulvérulent. Ici, nous dit-on le miel de bruyère a le goût du bonheur. On le goutte,  Je préfère le miel d’acacia …Au bord du lac commun à Parentis et Biscarrosse paissent des vaches écossaises qui entretiennent la vraie nature de ces prairies et paysages lacustres.

Le lac de Sanguinet

Le Lac de Sanguinet

Dix minutes en voiture et nous voici à Biscarrosse. Des boutiques s’ouvrent sur une place, les promeneurs s’attardent. Il fait si bon flâner ! Quelques kilomètres séparent le bourg des vastes plages blondes. L’hiver y est,  parait-il,  tiède et doux comme le sable. De nombreux lacs jalonnent le littoral. Comment se sont-ils formés ? Sous l’effet des vents du large, les dunes se font, se défont et le sable a obstrué les estuaires des fleuves côtiers. Le meilleur exemple se trouve à Sanguinet. Des plongeurs extraient des fonds vaseux maints objets témoignant de la présence humaine à l’époque gallo-romaine. Certains usuels, d’autres très rares. On découvre le passé de la petite cité, l’antique Losa, dans le musée qu’elle a créé. Et l’on peut profiter de son lac pour naviguer et se baigner.

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Domaine du duc de Westminster

Plus tard au sud, Mimizan mérite une halte : la mer, un lac que surplombe Woolsack, domaine du duc de Westminster qui venait y chasser le sanglier, et Winston Churchil y peindre la nature. Coco Chanel loua une maison pour offrir à ses cousettes les premiers congés payés. Le portail monumental de l’abbaye est un livre de pierre ouvert sur des scènes de la vie rurale. Bâtie entre le bourg et la plage, elle a failli disparaître, engloutie dans les sables mouvants. À proximité s’élève une petite pyramide, vestige d’une sauveté, refuge où même les criminels bénéficiaient de l’immunité. Au loin mugit l’océan.  La D41 nous amène à Lévignac, ravissant village où les maisonnettes rivalisent de coquetterie. Un ruisseau le traverse en glougloutant. On poursuit vers le littoral, les mouettes nous offrent un ballet et nous saluent de leurs cris. Sans quitter la côte, on arrive à Hossegor qui nous attend dans l’un de ses restaurant pour une dégustation d’huitres au bord de son lac marin. Il se remplit et se vide au rythme des marées.

Maisons près du lac d'Hossegor #landes #hossegor #lac #nature #lake #house

Nous faisons le tour du lac pour apprécier les belles demeures qui se mirent dans ses eaux. Cela fait beaucoup d’eau ! Sachez cependant que les Landes produisent un délicieux vin de sable !

Nous remontons dans les terres jusqu’à Dax, réputée pour ses boues. Dans ce pays de sable et d’eau, nombreuses sont les fontaines dites miraculeuses.

Fontaine chaude - Dax

Dax, fontaine chaude

Une légende raconte….Un légionnaire romain avait un chien perclus de rhumatismes. La sachant incapable de le suivre, il le jeta dans l’Adour pour le noyer. (Charmant !) Quelle ne fut sa surprise de le retrouver fringant au retour de sa campagne. La boue dans laquelle il s’était vautré sur la rive du fleuve l’avait revigoré. Il venait d’initier le thermalisme et ses bienfaits. Au musée de Borda on peut voir les restes des fondations d’une basilique édifiée par les Romains au début de notre ère. Ce ne sont pas les seuls atouts de cette ville charmante où subsistent des remparts, où le shopping  est roi et que traverse l’Adour qui rime si joliment avec amour… Plus à l’est, Brassempouy, devenu célèbre grâce à la dame à la capuche, She's a jar... with a heavy lid... | Head of a woman known as the  “Venus of... une statuette en ivoire sculpté, première représentation de visage humain : Une merveille de finesse et d’élégance âgée de 25 000 ans ! Un musée nous transporte au coeur de la préhistoire pour mettre nos pas dans ceux de nos ancêtres. Émerveillement garanti pour les amoureux de cette époque lointaine.

Du gras et des ballons

Connaissez-vous les Festivolailles ? Ces marchés au gras nous ramènent à des découvertes plus gustatives. Entre le confit, le magret frais ou fumé et le suprême foie gras fermier, le canard nous donne rendez-vous en différents lieux pour goûter à ces délices du palais arrosés d’un vin de Tursan. Les Landais le servent dans du Samadet,  cette fameuse vaisselle dont le village éponyme perpétue l’art, ô combien noble, né dans l’ancienne faïencerie royale. Musée de la faïence à Samadet. On se mêle à la foule des vendeurs et des acheteurs. Ici, on soupèse, on tâte, on compare, on marchande. On palabre longuement avant de conclure. Et l’on repart avec, dans son panier, de quoi festoyer dignement.

Les berges de la Midouze #montdemarsan #landes #riviere #berges #cloud

Terminons ce périple à Mont-de-Marsan, la ville aux trois rivières : de la rencontre de la Douze et du Midou naquit la Midouze. On flâne le long des berges par l’ancien chemin de halage. De portes ouvertes nous parviennent des éclats de voix : on parle rugby, on s’échauffe. Ici la star, c’est le ballon ovale. Il n’est que d’entendre les supporters s’enflammer et les ovations s’élever dans des gradins. Les fêtes y sont nombreuses, car dans ce pays du bien manger, dont le cœur bat au rythme des flonflons, on sait se divertir et donner libre cour à sa formidable joie de vivre !

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Peut-on encore affirmer qu’il n’y a rien à voir dans les Landes ?

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La sentinelle du temps : L’HORLOGE

Le mot apparaît au XIVème siècle avec la chose, dont les rouages, pignons et poids font tourner les aiguilles. Des cathédrales, elle gagne les foyers bourgeois au XVIIIème.

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Dès la préhistoire, l’homme a cherché à mesurer le temps pour régler ses activités. Pendant des millénaires, il s’est contenté d’observer la course du soleil. À l’Antiquité, il conçoit des systèmes simples, tels que le Gnomom Résultat de recherche d'images pour "cadran solaire égyptien" ou le cadran solaire utilisant l’ombre portée du soleil et la division, établie par les Égyptiens, du jour et de la nuit en vingt-quatre heures. 

Du savoir au pouvoir, le pas est franchi très tôt par les villes médiévales qui affirment, au beffroi et au fronton de leur hôtel de ville ou au clocher de leur cathédrale, leur mainmise sur les horaires diurnes et nocturnes de leurs habitants. Un contrôle qui se veut aussi enseignement des beautés et mystères de la religion, grâce aux extraordinaires mécanismes d’horlogerie réglant des ballets d’automates, comme à la cathédrale de Strasbourg en 1354, à celles de Lyon et de Bourges ou encore de Besançon Résultat de recherche d'images pour "automate cathédrale de besançon " et de Beauvais, crées aux XIXè siècle. 

Pendant des siècles, seules les institutions civiles et religieuses peuvent se doter de ces merveilles et la vie des campagnes s’écoule au rythme des cloches paroissiales.


Au XVIIe siècle, les inventions géniales de Galiléependule oscillant – concrétisées par Huygens et Coster, sont à l’origine des pendules à balancier, plus précises et plus faciles à régler que les précédentes.

Les premières grandes horloges de parquet, ciselées par Boulle Résultat de recherche d'images pour "horloge de parquet de boulle" et d’autres ébénistes de renom, font leur apparition dans les palais et autres demeures aristocratiques. 

Résultat de recherche d'images pour "pendule du XVIIe siècle "

En 1675, Huygens invente le ressort à spirale qui supprime le balancier. Une véritable révolution qui permet de fabriquer des pendules plus petites et modifie les usages. Louis XVI, passionné d’horlogerie, possède des centaines de pendules dans ses appartement et acquiert, en 1789, une monumentale horloge astronomique de plus de deux mètres de hauteur, Résultat de recherche d'images pour "pendule astronomique de louis xvi"encore plus perfectionnée que la célèbre pendule dite de la «création du monde» réalisée par Louis XV

Au XVIIIe siècle, les pendules de cheminée ou murales s’imposent dans les maisons bourgeoises, mais les campagnes restent fidèles aux horloges de parquet, dont la fameuse comtoise est l’archétype. Résultat de recherche d'images pour "pendule comtoise"Leur haute silhouette droite ou galbée, leur coffre souvent peint de motifs rustiques, leur cadran en cuivre et leur balancier visible derrière une vitre, en font les sentinelles d’un temps qui semble s’écouler moins vite qu’au cadran des cartels de la ville et de la cour. 

L’industrialisation de l’horlogerie au XIXe siècle et la nécessité croissante de contrôler le temps, à une époque où le progrès s’accélère et où l’on invente la productivité du travail, les trains, les avions et les programmes de télévision…accroissent l’exigence de précision et de miniaturisation.

 

Résultat de recherche d'images pour "montres femmes et hommes"

La montre bracelet a mis tout le monde à l’heure après 1950, le quartz et l’atome ont rendu caduques les horloges mécaniques dont on s’émerveillait encore il y a seulement un siècle. Accélération du temps et relativité des choses sont à l’ordre du jour. 

Pas de quoi en faire une pendule ! 

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LE CHOCOLAT, un guérisseur universel

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Cet «aliment des dieux», découvert par les conquistadors, fait son apparition en France dans la seconde moitié du XVIIème siècle, grâce à l’épouse espagnole de Louis XIV. On le boit avec du lait et parfois des oeufs.

Originaire de l’actuel Mexique, la fève de cacao est consommée depuis plus de trois mille ans.

Pour les Olmèques, les Mayas et les Aztèques, c’est un «aliment des dieux», mais aussi une monnaie d’échange.

On ignore si Christophe Colomb a goûté à cette boisson nourrissante, amère, que les élites aztèques servent dans des tasses d’or, en fin de repas, avec les tubes à fumer le tabac. Ils l’additionnent de piment, de vanille, de fleur de magnolia …Séduits, les colons espagnols se convertissent très vite à la coutume de boire du chocolate, mais ils le préfèrent chaud et avec du sucre.

En provenance de Veracruz, les premières fèves arrivent officiellement à Séville en 1585. Cinquante ans plus tard, nul ne saurait se passer de chocolat à la cour d’Espagne. Il devient la boisson nationale, du moins pour les riches. Dès qu’un hôte passe le seuil de la porte, on lui offre une tasse de chocolat qu’il serait fort impoli de refuser… Il est mélangé avec du piment, de la poudre de rose, de la cannelle, de la vanille, des amandes, de l’ambre, du musc…Tout comme les Aztèques, les Espagnols le font mousser avant de le boire et lui ajoutent du sucre.

Il est réputé être stomachique, cordial, calmant, aphrodisiaque…Il est censé guérir la goutte, le scorbut et même, pour certains, la vérole …

Résultat de recherche d'images pour "le chocolat à la cour d'espagne"

Il fait son apparition en France dans la seconde moitié du XVIIe siècle, grâce à ses vertus thérapeutiques et au mariage de Louis XIV avec une infante espagnole.

On dit que le roi réprouvant l’habitude se son épouse de boire du chocolat, Marie-Thérèse est obligée de le faire en catimini.

Quelques années plus tard, inutile de se cacher, toute l’aristocratie en consomme. Ainsi, Madame de Sévigné Résultat de recherche d'images pour "Mme de sévigné chocolat" qui écrit à sa fille : «Vous ne vous portez pas bien, le chocolat vous remettra ». 

En Italie, le chocolat se diffuse à peu près à la même époque. En 1698, des recettes du cuisinier Massialot attestent que les Français le boivent avec du lait et parfois des oeufs pour qu’il mousse mieux. Les Anglais des Antilles y ajoutent du vin de Madère. Le Marquis de Sade Résultat de recherche d'images pour "Marquis de sade" est, sans nul doute, le plus grand «chocolatomane» du XVIIIe siècle. Sa fidèle épouse est chargée de lui faire parvenir, dans les différentes prisons qu’il fréquente, du chocolat bien sur, mais aussi des pastilles vanillées au chocolat ou des biscuits de Savoie glacés, fourrés au chocolat. 

Il faut attendre 1828 et l’invention par Van Houten de la poudre de cacao pour que le chocolat devienne accessible à presque tous.

Image associée

La première tablette industrielle voit le jour à Bristol, en 1847. On doit le chocolat au lait à Daniel Peter qui a l’idée, en 1875, d’ajouter au beurre de cacao du lait en poudre inventé par Henri Nestlé, quelques années auparavant. 

Aujourd’hui, les véritables amateurs se tournent vers des entreprises artisanales qui reprennent certaines règles établies au XVIIe et XVIIIe siècles, et, surtout qui «n’oublient» pas de mettre du chocolat dans leurs tablettes ! 

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Le CENTRE POMPIDOU de METZ

Trente-trois ans après sa création, le Musée national d’art moderne-Centre Georges-Pompidou PARIS Afficher l'image d'origine a inauguré à Metz, en 2010, un nouveau lieu d’expositions. Dénommé Centre Pompidou-METZ, il constitue une des premières expériences de décentralisation en région d’un établissement public  culturel national, réalisée en partenariat avec une collectivité territoriale, la Communauté d’agglomération de Metz Métropole. Dans le prolongement d’une politique engagée au début des années 1980 visant à mailler le territoire français de structures culturelles prospectives, l’institution messine a été conçue comme une expérience unique, à mi-chemin entre musée et centre d’art.

À l’instar de son aîné, le Centre Pompidou-Metz a tout d’abord été pensé comme un geste architectural. Cosigné par Shigeru Ban  et Jean de Gastines, associé à Philip Gumuchdjian, il est implanté dans le quartier de l’Amphithéâtre, une zone de rénovation urbaine dans l’immédiate proximité de la gare. De prime abord, le centre montre une silhouette d’une extrême gracilité, aux allures de chapiteau aux formes souples et accueillantes. Recouvrant une superficie de plus de dix mille mètres carrés, dont la moitié est consacrée aux expositions, il se déploie autour d’une flèche centrale de 77 mètres de haut, un nombre qui rappelle la décennie inaugurale de son grand frère. Faite en bois, modélisée par ordinateur, la charpente est constituée de poutres en lamellé-collé. Afficher l'image d'origine Les jeux de croisillons lui confèrent un aspect arborescent ; sur celle-ci a été tendue une membrane textile, protectrice et translucide, faite de fibres de verre et de téflon, dont la forme évoque celle d’une vague.

Conçu comme « un grand centre d’information, d’exposition, de recherche et d’initiative qui rassemble de nombreux domaines de la création contemporaine », le Centre Pompidou-Metz est composé d’une imposante nef au rez-de-chaussée, nantie d’un mur d’accrochage de 18 mètres de hauteur, sur laquelle ont été superposées trois galeries en forme de tubes rectangulaires de 80 mètres de longueur chacun.Afficher l'image d'origine Celles-ci sont disposées l’une par rapport à l’autre selon trois axes différents ; ouvertes en leurs extrémités et débordant les façades du bâtiment, elles semblent s’avancer dans le vide en découvrant chacune un point de vue distinct sur la ville.

Ici,  Le regard,  est happé par l’espace grandiose de cette  galerie qui offre une vue sublime sur la cathédrale de Metz. Autre chef-d’œuvre..

Afficher l'image d'origine

Un grand parvis en pente douce, de la même taille que la Piazza du Centre Georges-Pompidou à Paris, ainsi que deux jardins, l’un situé au nord et animé de plis gazonnés, l’autre au sud, minéral et végétal, agrémentent les abords du bâti et en font un lieu de vie agréable. L’expression fonde d’ailleurs le principe programmatique du centre dont le projet culturel repose sur l’idée d’une succession permanente d’événements. Si l’art moderne et l’art contemporain  y sont les vecteurs d’une programmation dont le propos est de s’appuyer en priorité sur les collections du Centre Georges-Pompidou et d’alterner expositions monographiques et thématiques, la pluridisciplinarité en demeure, comme à Paris, la clef de voûte. Aussi une place y est faite aux spectacles vivants, au théâtre, au cinéma, à la danse, aux conférences et aux débats.

Situé au cœur d’une géographie pleinement européenne, le Centre Pompidou-Metz se doit d’être attentif à toutes les scènes artistiques qui se trouvent dans son voisinage de manière à être en parfaite complémentarité avec ses semblables au Luxembourg, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, etc. Il ne s’agit donc pas seulement pour lui d’occuper le territoire mais de bien définir son identité, afin de n’être pas une simple antenne parisienne et d’attirer à lui un large public par-delà les frontières culturelles et linguistiques. Constitué en établissement public de coopération culturelle, dont les membres fondateurs sont l’État, le Centre Georges-Pompidou, Metz Métropole, la Ville de Metz et la région Lorraine, le Centre Pompidou-Metz dispose de statuts, d’engagements budgétaires et d’autonomie  scientifique et culturelle qui devraient lui assurer un franc succès ? la question reste posée …

On mesure vraiment la performance architecturale, lorsqu’on parvient à l’entrée de l’édifice, qu’abrite la spectaculaire charpente. Soutenue par des poteaux coniques et tressée de bois, imposante et élégante à la fois. Et on ressort de cette découverte quelque peu  perdu entre le connu, le reconnu et l’inconnu, la chaleur du bâtiment et sa blancheur si parfaite, en espérant que des milliers de pas vont venir marquer de leur identité ce lieu unique. L’arrivée du Centre Pompidou à Metz,  a également mis un coup de projecteur sur une ville au patrimoine historique et architectural important et souvent méconnu.

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Le Palais idéal du facteur Cheval ..

Arrêtez-vous à Hauterives, bourg tranquille de la Drôme, remontez une rue banale et poussez la porte d’une maison apparemment sans histoire.

Non ! surprvous ne rêvez pas !   Au milieu d’un jardin que vous auriez imaginé voué à la culture potagère se dresse le monument le plus étrange, le plus incroyable qui soit. Afficher l'image d'origineTemple hindou ou cambodgien transporté par magie au cœur de la Drôme, vous êtes devant le Palais idéal, né de l’imagination du FACTEUR CHEVAL Description de cette image, également commentée ci-après

Ferdinand CHEVAL (1836-1924) était le facteur de Hauterives, un pauvre facteur rural qui effectuait, tous les jours et par tous les temps, une tournée de trente deux kilomètres à pied. Souvent les nuits du facteur étaient hantées par un rêve précis et insistant, celui d’un palais éblouissant dont il notait au réveil, les formes, les proportions, les moindres détails. Comme il ne comprenait pas le sens de ces visions nocturnes, il finit par oublier dans un fond de tiroir les dessins de son château en Espagne et il continua, en bon facteur qu’il était, à distribuer le courrier.

♦ Mais il arrive que le destin ait de la suite dans les idées. Ferdinand Cheval avait 43 ans, lorsqu’un jour son pied trébucha sur un caillou qui n’était sûrement pas venu là par hasard. Il le ramassa, le trouva beau et , en regardant autour de lui, il s’aperçut que les coteaux, les vallées, les rivières d’alentour fourmillaient de pierres étranges, de minéraux rongés par les millénaires, façonnés par le travail de la nature. N’était-ce point là le matériau qui allait lui permettre de matérialiser son rêve ?  – Désormais, il entasse dans un panier qu’il porte sur le dos les pierres trouvées sur son chemin : quarante kilos par jour qu’il dépose par petits tas et qu’il vient rechercher le soir avec sa brouette.  Son trajet quotidien s’en trouvait rallongé de huit à vingt kilomètres par jour. Il l’appelait «le long Charroi» Il se levait à deux heures du matin l’été, à trois heures l’hiver pour travailler à son projet fou. Il traça les fondations d’un monument de 26 mètres de façade et de 14 mètres de largeur. A la fois architecte, sculpteur et maçon, il lui fallut trente trois années d’un travail incessant pour venir à bout de l’oeuvre de sa vie.

C’est un fou, disaient les gens du village, un fou qui remplit son jardin avec des pierres!

Mais lui n’entendait pas les railleries, il était conscient d’avoir été appelé entre tous pour mettre au monde une oeuvre de génie. Il s’étonne souvent lui-même des formes qu’il crée et il se demande comment il a pu les réaliser lui qui n’a aucune connaissance artistique ni technique.

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♦ En 10 000 journées représentant 93 000 heures de travail, il édifiera un extraordinaire ensemble où se trouvent juxtaposés, accolés, enchevêtrés : un temple hindou, une mosquée et ses minarets, un château du Moyen Age, un chalet suisse, la maison Blanche, la maison carrée d’Alger et un tombeau égyptien. 

Trois géants de pierre, coiffés d’un chapeau, lèvent un doigt vers le ciel : Ce sont César (le grand conquérant romain). Archimède (le grand savant grec) et Vercingétorix (le défenseur de la Gaule). Ils ressemblent étrangement aux «Moaïs» les géants de l’Île de Pâques.

Entre leurs jambes, deux déesses, Vélèda, la druidesse,  et Inize ou Isis,  l’Égyptienne, lèvent les bras vers eux.

♦ Sur l’ensemble du monument, Cheval a gravé les légendes ou les pensées naïves que la vie lui a inspirées.

« Sur cette terre, comme l’ombre nous passons, sortis de la poussière, nous y retournerons. »

« Heureux l’homme libre, brave et travailleur. »

« L’hiver comme l’été, nuit et jour j’ai marché, j’ai parcouru la plaine et le coteau, de même que le ruisseau, pour apporter la pierre dure ciselée par la nature, c’est mon dos qui a payé l’écot. j’ai toujours bravé la mort. »

♦ Émerveillé par ce Palais des Mille et une Nuits sorti de son cerveau, le facteur CHEVAL, ne pouvait s’empêcher de proclamer sa fierté.

  • travail d’un seul homme
  • Tout ce que tu vois, passant, est l’oeuvre d’un paysan
  • Au champ du labeur, j’attends mon vainqueur
  • En créant ce rocher, j’ai voulu prouver ce que peut la volonté
  • Dieu, dont les desseins sont impénétrables se sert de ses humbles créatures pour les accomplir.

♦ Il semble au touriste qui déchiffre ces inscriptions maladroites que le facteur Cheval ne cesse de l’accompagner tout au long de sa visite.

De chaque côté de l’édifice part un escalier permettant d’accéder à une terrasse située à 4 mètres du sol et qui mesure 23 mètres de long sur 3 mètres de large. De là on peut grimper au sommet du temple hindou et à la tour de Barbarie. Le point le plus élevé du Palais idéal se trouve à 10.80 mètres.

L’ensemble représente 1 000 m² de maçonnerie. Pour assurer la solidité de sa construction, Ferdinand Cheval eut l’idée de noyer des tiges de fer dans le ciment. Si l’on considère que le béton armé ne reçut sa toute première application qu’à partir de 1890, on peut estimer que seul, dans sa campagne perdue, loin de toute information technique, notre facteur a inventé de son côté le béton armé et coffré.

♦ En 1912, à 76 ans, Cheval ayant achevé l’oeuvre de sa vie, l’ouvrait au public. Il bâtit un belvédère  afin de contempler son Palais Idéal au soleil couchant. Il avait aussi entre temps construit sa maison et ceinturé son domaine d’un mur.

Lorsque son épouse mourut en 1914, le facteur travailla à l’édification de son tombeau au cimetière d’Hauterives. La maîtrise de son art touche maintenant à la perfection. Il achève ce nouveau chef d’oeuvre en 1924, juste à temps pour pouvoir, après tant d’années de travail, s’y reposer pour l’éternité. tombeau2.jpg

♦ Le 23 septembre 1969, André MALRAUX fit classer le Palais Idéal du Facteur CHEVAL monument historique avec la mention «Architecture naïve unique au monde».

Ferdinand Cheval a été la source d’inspiration et d’hommages de nombreux artistes issus du courant des surréalistes : André Breton, Pablo Picasso, Max Ernst, Niki de Saint Phalle…

Parlant un jour, non sans illusions, des visiteurs du palais, Cheval les imagine disant, tout émerveillés : « C’est incroyable ! C’est impossible ! » Un monument de l’impossible, un monument à l’impossible, c’est bien ainsi que le désigne, aujourd’hui encore, notre abasourdissement.

Pour visiter le Site officiel du Palais idéal du Facteur Cheval cliquez fleche-962  ici