Publié dans Découverte, VOYAGE

Au siège de l’ONU : un monde à part.

Au siège de l'ONU : un monde à part.

Dans l’ombre des puissants, des centaines de personnes, chargées de la sécurité et de la traduction, contribuent à la réalisation des missions de l’ONU.

Vous avez beau être à New York, vous n’êtes plus aux États-Unis…Ici, au siège des Nations unies, à l’est de Manhattan, vous entrez en territoire international.

L’architecture de cet espace de sept hectares, offert en 1946 par le milliardaire John Davison Rockefeller Junior, a été conçue par les plus grands noms de l’époque, dont le Français LE CORBUSIER. Parsemé d’oeuvres d’art pacifistes, le site matérialise le rêve un peu fou de mettre fin aux conflits au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.

Ouvert au public, l’organisme accueille tout au long de l’année des visiteurs venus découvrir ses lieux emblématiques : Le pavillon de l’assemblée générale, bien sûr, mais aussi le bâtiment des conférences, qui abrite le Conseil économique et social, le Conseil de tutelle et le Conseil de sécurité, la tour de verre du Secrétariat, ainsi que la bibliothèque.

Plus de soixante-dix ans après sa naissance, L’ONU reste une grosse machine méconnue du grand public.

«Je suis souvent surprise par les questions que posent les visiteurs, confie en souriant la guide, de nationalité marocaine. L’autre jour, un touriste européen me demandait si les ambassadeurs de l’ONU étaient nommés par le secrétaire général de l’organisation. Évidemment que non ! Chaque état choisit son propre représentant».

Mais avant de pouvoir visiter les lieux, il faut montrer patte blanche. Les contrôles à l’entrée sont drastiques et l’enceinte est ultra-sécurisée. «L’ONU constitue évidemment une cible pour les terroristes. Nous savons que nous serons attaqués un jour», affirme l’inspecteur Matthew Sullivan, grand gaillard au physique imposant, chargé de la sécurité. Cet ancien du corps des marines, ex-policier dans le New Jersey, a rejoint les Nations Unies il y a trente cinq ans comme officier. Il coordonne aujourd’hui une équipe de 330 personnes de 42 nationalités différentes. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la sécurité a été considérablement renforcée. Pour préparer le personnel à faire front en cas d’incendie ou d’attentat, des exercices se simulation sont régulièrement organisés, comme, par exemple, une évacuation générale par bateau sur l’East River.

Au siège de l'ONU : un monde à part.

L’effort de sécurité atteint son paroxysme à la mi septembre, lors du traditionnel débat général, environ sept jours pendant lesquels de nombreux chefs d’état se rendent à New-York pour s’exprimer à la tribune et rencontrer leurs homologues.

«C’est notre Super Bowl à nous», indique avec humour Matthew Sullivan.

En 2015, l’évènement a pris une ampleur inconnu jusque là. Les 70 ans de l’organisation ont en effet rassemblé par moins de 160 dirigeants, dont Xi Jinping, Vladimir Poutine, Raul Castro et, surtout le pape François, «sur qui pesait la menace la plus importante que nous ayons eu à gérer», glisse Matthew Sullivan. D’autant qu’il fallait aussi assurer la sécurité des célébrités présentes, comme la chanteuse Shakira ou l’acteur George Clooney, et des 2 000 journalistes venus du monde entier pour couvrir l’événement.

Pendant le débat général, les forces de l’ordre bouclent systématiquement le quartier, où sont dressées de grandes tentes blanches destinées à accueillir les chefs d’États. Les 1600 écrans de surveillance du siège sont scrutés avec une attention décuplée, et des antennes extérieures mesurent la qualité de l’air afin de repérer d’éventuels gaz suspects.

Les troupes de Matthew Sullivan collaborent alors de près avec le NYPD : la police New-yorkaise leur fournit des hommes, des chiens policiers -capables de renifler les explosifs-, un équipe de démineurs et même quelques snipers postés dans un bateau sur l’East River, face au siège. L’équipe de sécurité onusienne bénéficie en outre du soutien de la police fédérale, du FBI et de la CIA.

La veille de l’évènement, les trois hectares de bâtiments sont passés au peigne fin, à la recherche de mouchards et de caméras espions. Et les salariés de l’ONU ont l’obligation d’évacuer le parking pendant le Week-end. Les rares voitures qui y stationnent encore font l’objet d’une fouille approfondie.

Au deuxième étage du bâtiment principal, où se tiennent les rencontres entre les différents chefs d’État, de grands rideaux obturent les fenêtres, empêchant les curieux et les individus mal intentionnés d’observer ce qui se passe. Et une fois le débat terminé, Matthew Sullivan reste sur le qui-vive : la surveillance est permanente au siège.

L’Egyptien Hossam Fahr, lui, est responsable du service interprétariat. Plus de 120 virtuoses des langues travaillent pour ce sexagénaire à l’oeil vif et l’air affable. Sélectionnés à l’issue d’un examen drastique, ils consacrent leur temps à traduire l’Histoire en direct. Chaque intervention de chef d’État est traduite en six langues : anglais, français, espagnol, russe, chinois et arabe. Là encore le pic d’activité a lieu au moment du débat général.

Pour mener sa mission à bien, Hossam Fahr fait souvent appel à des collaborateurs travaillant pour les autres sites onusiens, à Vienne, Genève et Nairobi. Ces hommes et ces femmes de l’ombre n’ont pas droit à l’erreur. Une traduction imprécise peut avoir des conséquences désastreuses d’un point de vue diplomatique. «Lors d’une conférence sur la décolonisation, au début de ma carrière, je devais traduire de l’arabe vers l’anglais la phrase suivante : «L’indépendance des petits pays est un objectif majeur de l’ONU», se rappelle Hossam Fahr. J’ai utilisé le mot exploitation au lieu d’indépendance…Les deux termes sont très proches en arabe. Je me suis immédiatement rendu compte de ma bévue et je l’ai corrigée. Mais j’ai dû «courir» ensuite pour rattraper mon retard.»

Hossam, se remémore avec fierté la première déclaration à l’Assemblée générale de Nelson Mandela, tout juste élu président de l’Afrique du Sud : «Il a tenu un discours extraordinaire, plein de tolérance. L’Assemblée entendait son message à travers ma voix.»

Suivie d’un essaim de touristes, la guide marocaine achève sa conférence. Devant une sculpture représentant un revolver au canon noué, elle cite un ancien secrétaire général des Nations Unies, Dag Hammarskjöld : «L’ONU n’a pas été crée pour conduire l’humanité au paradis mais pour la sauver de l’enfer».

Technocratique et dépensière, l’organisation a sans doute beaucoup de défauts. Elle n’a pas mis fin aux guerres, loin de là. Mais c’est un lieu où les dirigeants de tous les pays peuvent se rencontrer et se parler. Un tout petit miracle, l’air de rien.

Un million de curieux se pressent chaque année pour découvrir les lieux.

Si vous avez envie de pousser les portes de l’ONU pour une visite inédite, les billets et  renseignements se trouvent   ICI.

Sachez qu’au cours de la visite, le ou la guide n’hésite pas  à  demander si quelqu’un a des questions à poser.  La visite se termine  par l’inévitable boutique.

Situés au sous sol du bâtiment, vous trouverez donc une boutique de souvenirs, un restaurant, une librairie et un bureau de  «Poste» un peu particulier.  Vous pouvez donc acheter vos timbres et poster vos cartes qui partiront directement de l’ONU !

Auteur :

Dans ces pages, je revisite l'actualité et prend du recul en faisant cohabiter le monde du réel avec celui de la fiction et de l'imaginaire.

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